
Perrache Pittoresque est un ballade urbaine autour du centre d’échange de Perrache en Mai 2019, encore en travaux à cette époque, avec 12 camarades et l’organisme de visite NomadLand.
Deux groupes de visiteurs sont invités à déambuler du Rhône à la Saône pour saisir une dernière fois l’espace avant que de nouveaux changements architecturaux transforment ce lieu.
Chaque groupe est constitué d’un guide, d’un maître du temps et d’une vingtaine de spectateurs.
Sur leur chemin, les deux groupes rencontrent une multitude de propositions artistiques : performances, courts métrages projetés, déambulation alternative, mobiliers scénographiques et de la danse.
En binôme avec Amélie Reix, nous avons axé notre proposition sur la scénographie de la silhouette et la danse pour révéler des personnages et des architectures. Vêtues d’une jupe orange et d’un chemisier à fleurs, deux danseuses, nommées Laurie, chacune dans un groupe commencent la visite guidée comme un spectateur infiltré.
Leur figure est née de notre observation des passants du centre d’échange. Ces passants qui constituent le flot incessant de cette gare pour s’en extraire, attendre, hésiter, rechercher et écrire de nouvelles trajectoires ou se perdre dans les méandres des chemins possibles qui constituent Perrache.
Leur présence se spatialise par le jeu du vis-à-vis. Les deux groupes ne savent pas qu’ils sont deux. Lorsque les groupes se retrouvent face à face dans le parcours, les Laurie se démarquent des autres et se mettent à danser. La surprise se fait pour le premier vis-à-vis, on comprend qu’un autre groupe fait partie de l’aventure. Puis lors des nouvelles rencontres, elles amènent un brassage entre les visiteurs, comme ces foules qui se heurtent lorsqu’un groupe sort d’un transport alors qu’un autre force le passage pour y rentrer. Tantôt marqueur de la distance – tantôt créatrice de mixité et de , elles nous racontent des façons d’être sur le départ.
En parallèle, un autre personnage vêtu d’un manteau et d’un chapeau noir, Yves, se déplace librement entre les groupes. Il travaille le temps, il note, dessine les choses qu’ils rencontrent. Il nous parle de ses sensations et de ses émotions. Il nous raconte ce que nous n’avons pas le temps de traverser.
Et les spectateurs deviennent alors ce spectacle que nous découvrons par la lecture de ces notes. Ainsi il déplace l’objet spectacle pour nous rappeler de sans cesse regarder autour de nous.








